"Le Sensible du nouveau : la perception comme fondement de l’autonomie esthétique "
I PUTU KRESNANDA HRISIKESA
Nom (lien)
Directeur(s) de thèse
Bruno TRENTINI
Résumé

La nouveauté demeure l’un des principaux stimulants esthétiques qui continue d’offrir au public des galeries d’art contemporain et des musées nationaux la promesse de la découverte artistique. Pourtant, à une époque marquée par l’accélération, le nouveau dans l’art est souvent réduit à un signe du progrès, en contraste avec le raisonnement esthétique contemporain qui cherche à affirmer l’autonomie d’un tel concept. Historiquement, la nature radicale de l’expérimentation moderniste a fait de la nouveauté une force de rupture plutôt qu’une valeur esthétique en elle-même. Cela soulève une question cruciale : dans quelle mesure la nouveauté peut-elle être abordée comme un mode esthétique autonome, indépendant de l’évolution culturelle ? Pour y répondre, notre recherche retrace la généalogie de la nouveauté en tant que concept historique et temporel dans la pensée esthétique classique (Kant, Baudelaire) et contemporaine (Adorno, Rosenberg). Cette lecture examine combien la nouveauté reste ancrée dans une logique de progrès historique, souvent dissociée de l’intention artistique. En s’inspirant des approches en esthétiques cognitives, le projet reconstruit la nouveauté comme un événement phénoménologique qui relève d’une expérience cognitive face à l’œuvre d’art. Une telle approche permet de reconcevoir la nouveauté comme un processus dynamique, agissant comme médiateur entre l’impulsion créative de l’artiste et la réponse sensible du spectateur. En mobilisant un raisonnement esthétique contemporain, nous visons à reconfigurer la nouveauté comme un berceau de potentialité plutôt qu’un symptôme d’épuisement culturel. L’analyse d’œuvres évoquant une fraîcheur perceptuelle dessine l’ambivalence du rapport à la nouveauté : une chose que nous recherchons tout en la redoutant. Enfin, cette recherche a pour ambition de restituer à la nouveauté sa profondeur philosophique et de la réintroduire comme une catégorie centrale et autonome du discours esthétique contemporain.