La résurrection. Espérer en judaïsme, christianisme et islam
La « résurrection » occupe une place centrale dans le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les trois monothéismes ont en commun une ouverture eschatologique vers une destinée qui dépasse les limites de notre monde. La résurrection n’est pas la simple réanimation du corps, même si, dans certains écrits saints, elle se manifeste de cette manière. Passage par la mort, elle annonce une nouveauté en rupture avec le monde. Cette rupture n’est cependant pas totale car elle va paradoxalement de pair avec une continuité. Le séjour terrestre, marqué par la caducité et les épreuves, apparait aux divers croyants comme une préparation à un séjour éternel, dont ils attentent le bonheur. Il y va d’une espérance, en fonction des actes posés tout au long de la vie. Voilà pourquoi, que l’on se trouve dans l’une ou l’autre de ces religions, des règles régissent le comportement en vue du salut. Sur le plan strictement éthique, on retrouve une attitude similaire du respect de la vie en vue de participer définitivement au bonheur promis par Dieu à l’humanité. La résurrection se trouve ainsi liée à trois notions essentielles que sont l’action, le jugement et le bonheur ultime. C’est Dieu qui, en définitive, a l’initiative de la résurrection. Cette proximité structurelle d’ordre anthropologique est porteuse d’une espérance pour toute l’humanité. Cette espérance se traduit néanmoins par des divergences importantes, voire des oppositions, au sein et entre les religions.
Selon les textes scripturaires des trois monothéismes, la résurrection aurait lieu après un cycle de cataclysmes considérés comme signes de la fin des temps. Ces signes, précédant l’Heure, varient d’une tradition religieuse à une autre et semblent être le fruit d’interactions entre elles. Par ailleurs, la notion de salut de l’Homme est centrale et pose la question de sa destinée, corps et âme. Pour les trois religions monothéistes, cette destinée salutaire est caractérisée par des questions théologiques concernant le paradis et l’enfer. Que nous rapportent à ce sujet les sources scripturaires propres à chacune des traditions et quelles en sont les différentes interprétations et représentations ?
Les étudier permettra sans doute de mettre en lumière la diversité des approches épistémologiques dont la résurrection est l’objet. Croiser et renouveler nos regards sur l’espérance commune de l’humanité, tel est l’ambition de ce colloque.