La résurrection. Espérer en judaïsme, christianisme et islam

La « résurrection » occupe une place centrale dans le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les trois monothéismes ont en commun une ouverture eschatologique vers une destinée qui dépasse les limites de notre monde. La résurrection n’est pas la simple réanimation du corps, même si, dans certains écrits saints, elle se manifeste de cette manière. Passage par la mort, elle annonce une nouveauté en rupture avec le monde. Cette rupture n’est cependant pas totale car elle va paradoxalement de pair avec une continuité. Le séjour terrestre, marqué par la caducité et les épreuves, apparait aux divers croyants comme une préparation à un séjour éternel, dont ils attentent le bonheur. Il y va d’une espérance, en fonction des actes posés tout au long de la vie. Voilà pourquoi, que l’on se trouve dans l’une ou l’autre de ces religions, des règles régissent le comportement en vue du salut. Sur le plan strictement éthique, on retrouve une attitude similaire du respect de la vie en vue de participer définitivement au bonheur promis par Dieu à l’humanité. La résurrection se trouve ainsi liée à trois notions essentielles que sont l’action, le jugement et le bonheur ultime. C’est Dieu qui, en définitive, a l’initiative de la résurrection. Cette proximité structurelle d’ordre anthropologique est porteuse d’une espérance pour toute l’humanité. Cette espérance se traduit néanmoins par des divergences importantes, voire des oppositions, au sein et entre les religions.
Selon les textes scripturaires des trois monothéismes, la résurrection aurait lieu après un cycle de cataclysmes considérés comme signes de la fin des temps. Ces signes, précédant l’Heure, varient d’une tradition religieuse à une autre et semblent être le fruit d’interactions entre elles. Par ailleurs, la notion de salut de l’Homme est centrale et pose la question de sa destinée, corps et âme. Pour les trois religions monothéistes, cette destinée salutaire est caractérisée par des questions théologiques concernant le paradis et l’enfer. Que nous rapportent à ce sujet les sources scripturaires propres à chacune des traditions et quelles en sont les différentes interprétations et représentations ?
Les étudier permettra sans doute de mettre en lumière la diversité des approches épistémologiques dont la résurrection est l’objet. Croiser et renouveler nos regards sur l’espérance commune de l’humanité, tel est l’ambition de ce colloque.

 

PROGRAMME

Mardi 26 mai 2026

13h45 Ouverture du colloque 

14h00 : Stéphanie Anthonioz, IUCER 
Le pain de la vie : aux racines d’une croyance

14h45 : José Costa, EPHE 
Les preuves de la résurrection dans la tradition rabbinique ancienne

15h30 : Edouard Roberrechts
Réveil, Révélation, Reviviscence : la résurrection comme expérience vécue dans la tradition juive – avant toute eschatologie

16h15 Pause café

16h30 : Nathalie Siffer
Dire la résurrection : expression de la foi pascale et langage kérygmatique dans le NouveauTestament

17h15 : Anthony Feneuil, Université de Lorraine 
Le temps de la résurrection

Mercredi 27 mai 2026

9h00 : Ouverture de la deuxième séance 

9h15 : Yves Meessen, Université de Lorraine 
À la lumière de la résurrection. Reconsidérer notre histoire

10h00: Aurélien Zincq, Faculté universitaire de Théologie protestante, Bruxelles
L’agir eschatologique de l’Esprit selon Wolfhart Pannenberg

10h45 pause café 

11H15 : Aryan Rahimian, Doctorant, Université de Lorraine 
Entre jazāʾ(rétribution) et rajāʾ (espérance) dans le ḥadīṯ qudsī : un jugement dans l’intime

12h00: Déjeuner 

13h45 Ouverture de la dernière séance 

14h00 : Amel Belkamel, EPHE 
Résurrection et baṣīra : la conscience réflexive comme dévoilement eschatologique

14h45 Abdelouahab Rgoud 
Résurrection des corps et horizons de l'espérance : lecture croisée du Tahāfut al-falāsifa et du Tahāfut al-tahāfut

15h30 Pause café 

16h00 : Tareq Oubrou, Grand imam de Bordeaux (en ligne) 
La Résurrection : une question sotériologique

Date(s) début - fin
-
Lieu
Metz
Organisateur(s)
Hassan Chahdi ; Yves Meessen
Pièce(s) jointe(s)