La poétique du fragment

Le fragment a d’abord été le ticket de métro, des morceaux de papier, des prospectus, ces multiples supports que je collectais petit à petit pour les assembler à tête reposée, effectuant un montage où le rythme des phrases et le collage des images importaient davantage que la linéarité d’un récit d’où l’importance des espaces, des points de suspension, des blancs.
Ce n’est qu’après la lecture des romantiques allemands, des surréalistes et de Nietzsche que ces bouts de papier ont pris une substance littéraire et sont devenus une méthode d’écriture qui donnera dans l’effervescence de 68 Tapapakitaques, un texte ronéotypé diffusé sous le manteau qui sera publié en 1976 par P.J.Oswald.
Dès ce moment, le fragment, sous diverses formes (prose, poésie, essais, théâtre) composera mon travail. Aujourd’hui, je vois que ce mode d’écriture prend également sens dans le cadre de la colonisation et de l’exil qui rend le récit linéaire impossible. Kateb Yacine en avait fait le constat dans Nedjma. Je le rejoins quant aux effets pérennes et profonds sur la construction du discours du colonisé.

Date(s) début - fin
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Lieu
Metz - Campus Saulcy - UFR ALL - A208 | 17h30
Organisateur(s)
Habib Tengour (Université Paris 8)
Pièce(s) jointe(s)