MICKAEL DEPRET
Sujet de thèse :
La monosémie — esthétique et sémiologie des images scientifiques
Directeur(s) de thèse :
Bruno TRENTINIRésumé du projet de thèse :
Nous interprétons les œuvres de différentes manières, et grâce aux recherches avancées en sémiotique, nous distinguons deux voies d’interprétation : la polysémie et la pansémie. Toutefois, l’art contemporain a permis une grande liberté aux artistes pour explorer de nouvelles conceptions artistiques, telles que la monosémie — une image univoque, qui n’admet qu’une interprétation. Cette conception a été théorisée par un artiste, Bernar Venet, un peintre qui utilise l’algèbre et des schémas mathématiques comme langages pour développer sa conception de la monosémie.
La théorie selon laquelle une image peut être monosémique, voire universelle dans son interprétation, a toujours fasciné linguistes et sémiologues, notamment pour son importance dans le domaine de la signalétique ; paradoxalement, peu de textes discutent de la monosémie depuis le champ de l’art ou de l’esthétique.
Cette thèse vise à étudier les manières d’interpréter des œuvres d’artistes à l’esthétique monosémique, en s’appuyant notamment sur les travaux d’Umberto Eco et de Ludwig Wittgenstein. Il s’agit de comprendre comment ces œuvres sont perçues et reçues, en particulier celles qui mobilisent des images à caractère scientifique qui ne sont donc pas aisément identifiées comme de l’art. Ce point est d’autant plus important que les artistes concernés – Bernar Venet, Liam Gillick, et Laurent Derobert, qui constituent le corpus principal de cette recherche – occupent souvent l’espace public et brouillent d’autant plus la reconnaissance de leurs images comme art, surtout à une époque où le rapport aux images est en perpétuelle évolution.