"L'invention du traducteur : Pierre Alferi et la Bible nouvelle traduction "
Grégoire LAURENT-HUYGHUES-BEAUFOND
Nom (lien)
Directeur(s) de thèse
Claire PLACIAL, Frédérique REY
Composition du jury
Mme Claire PLACIAL Professeure des universités Université de Lorraine Directrice de thèse
Mme Pascale ROUX Professeure des universités Université Lumière, Lyon II Rapporteure
Mme Sophie ROBERT-HAYEK Maîtresse de conférences Sorbonne Université Examinatrice
M. PHILIPPE LEFEBVRE Professeur émérite Université de Fribourg Examinateur
Mme FREDERIQUE REY Professeure des universités Humboldt Universität zu Berlin Co-directrice de thèse
M. REGIS BURNET Professeur Université Catholique de Louvain Rapporteur
Mme MARGAUX COQUELLE-ROËHM Professeure adjointe Université de Montréal Examinatrice
Date et heure de soutenance
Lieu de soutenance
Metz
Résumé

Cette thèse est consacrée aux participations de Pierre Alferi (1963-2023) à l’entreprise de traduction collaborative de la Bible nouvelle traduction (BNT), publiée en 2001 par les éditions Bayard et Mediaspaul, dite « Bible des Écrivains ». Elle s’intéresse plus particulièrement au livre du Siracide co-traduit avec le bibliste Jean-Jacques Lavoie, dont on argumentera l’exemplarité de l’histoire complexe de sa transmission et de ses incarnations successives. Placée sous le signe du scribe telle que le Siracide en dessine l’idéal, la thèse s’inscrit dans la continuité de la traductologie d’Antoine Berman, tout en intégrant et en développant des outils numériques d’analyse des textes et de visualisation des données. La recherche se déroule selon les étapes qui font la vie d’un livre-en-traduction : le projet qui en commande la production, le livre traduit comme artefact matériel et textuel, la productivité de cette traduction dans l’œuvre ultérieure de l’un de ses ré-énonciateurs. Ce faisant, la thèse développe une réflexion herméneutique sur le livre dans ses différentes incarnations et lectures, et sur son auteur tels que la chaîne de ré-énonciations éditoriales et traductives permettent de se les figurer. Interroger les fausses évidences de l’usage du singulier permet d’intégrer à la théorie littéraire la plasticité, la mouvance et la pluralité de ce que l’on appelle « livre », « auteur », mais aussi « traducteur ». L’invention du traducteur du titre est de ce fait à comprendre dans un triple sens : ce qu’il crée et imagine pour son entreprise traductive, ce qu’il fait ensuite avec et grâce à elle, mais aussi le traducteur tel que le lecteur le découvre et l’imagine.